À Lyon, la soie se raconte encore au présent. Pour sa nouvelle création Le Potager du Roi, Zoë de Givenchy a choisi de confier l’exécution d’un carré de soie à Brochier Soieries, maison historique née au cœur de la grande épopée textile lyonnaise. Une alliance qui relie Versailles, la Croix-Rousse et une certaine idée du patrimoine français — celui qui se touche, se plie, se noue et se transmet. ✨
Lyon et le carré de soie Zoë de Givenchy : quand Brochier Soieries imprime un plan historique de Versailles
Le motif de ce carré n’a rien d’anecdotique : il s’inspire d’un plan ancien du Potager du Roi, à Versailles. La créatrice l’inscrit dans une collection réalisée avec le Château de Versailles, où l’on retrouve la nature comme fil rouge : arts de la table, textiles, et même outils de jardin. 🌿
Le carré, lui, prend la forme d’un twill de soie avec un ourlet roulotté à la main, pensé comme un objet de vie autant que comme une pièce de collection. Tiré à 100 exemplaires et présenté dans une boîte assortie, il assume un luxe d’usage : celui qui s’invite sur une épaule, dans un tiroir à linge, ou noué à l’anse d’un panier du marché.
| Méthode | Atouts | Idéal pour |
|---|---|---|
| Impression au cadre | Précise, garde la netteté des traits fins | Dessins riches en détails |
| Jet d'encre | Agile, souple pour les rendus contemporains | Grands aplats ou motifs modernes |
Un fil conducteur : au château de Jonchet, la nature s’invite jusque dans les détails
Zoë de Givenchy, Australienne, partage désormais son temps entre ses projets et le château de Jonchet, où l’empreinte décorative du couturier Hubert de Givenchy demeure dans l’atmosphère. Dans cet univers, la nature ne sert pas de décor : elle devient motif, rythme et vocabulaire pour les objets du quotidien. 🍃
Pourquoi ce choix parle autant ? Parce qu’un carré de soie n’est pas qu’une image imprimée : c’est une surface d’usage. dans une maison, il peut devenir chemin de table, protection de plateau en bois ciré, ou touche de couleur sur une chaise — preuve qu’un bel objet tient sa place quand il reste pratique, au-delà du prestige.
Et c’est précisément ce terrain-là — l’objet décoratif qui vit — qui mène naturellement à Lyon, capitale historique des étoffes.
Brochier Soieries à Lyon : une maison fondée en 1890 qui cultive l’héritage et la création
Brochier naît en 1890, à un moment où la soierie irrigue toute la ville depuis des siècles, ancrée dans l’histoire lyonnaise dès le XVe siècle. L’entreprise a traversé les époques en gardant sa vocation textile, tout en élargissant ses savoir-faire pour rester en prise avec la société et ses besoins.
Ce qui frappe, dans ce type de maison, c’est la continuité : des gestes précis, des contraintes de matière, et une mémoire technique qui s’accumule comme des cernes dans un bois ancien. 🪵 Une impression peut sembler simple vue de loin ; de près, elle réclame une patience d’atelier, où chaque étape conditionne la suivante.
Rue Romarin : l’atelier lyonnais où l’on imprime encore au cadre ou au jet d’encre
Dans l’atelier de la rue Romarin, l’impression sur soie reste un travail minutieux. Selon le projet, la maison utilise l’impression au cadre (méthode traditionnelle) ou le jet d’encre, plus agile pour certains rendus contemporains. 🎨
Un cas concret illustre bien ce que cela change : pour un dessin riche en traits fins, l’atelier peut privilégier une solution qui garde la netteté sans « manger » les détails dans la fibre. À l’inverse, un aplat très dense demandera un réglage couleur exigeant, car la soie réagit, absorbe, renvoie la lumière — et réserve parfois des surprises. Cette part d’imprévu, c’est le quotidien des imprimeurs, et aussi ce qui rend un tirage vivant.
C’est dans ce même esprit que ce carré pour Zoë de Givenchy prend sens : le motif jardiné appelle une impression qui respecte la précision d’un plan et la douceur d’une matière noble.
Du patrimoine lyonnais aux collaborations artistiques : Brochier et l’édition sur soie
L’histoire de la maison ne se limite pas à la fabrication d’accessoires. Après-guerre, Joseph Brochier, amateur d’art, tisse des liens avec la haute couture et le monde des galeries, notamment à Paris. Ces passerelles ouvrent la voie à des éditions sur soie dessinées par de grands artistes comme Miró, Braque, Chagall ou Giacometti.
Ce passage par l’art a une conséquence très concrète en atelier : il oblige à maîtriser des gammes chromatiques complexes, des traits singuliers, des superpositions délicates. Autrement dit, il muscle la technique. 🧵 Et quand une maison apprend à traduire une œuvre sur soie, elle se donne aussi les moyens de servir des créations contemporaines, comme celle de Zoë de Givenchy.
Après la guerre : quand la pénurie de soie pousse vers les textiles techniques
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la soie manque, mais l’activité doit continuer : l’usine de Villeurbanne compte alors 80 métiers à faire tourner. La maison se tourne vers d’autres fibres, au moment où la fibre de verre apparaît : une bascule stratégique vers des tissus techniques, dont certains à propriétés non feu. 🔥
La diversification va plus loin avec le rachat d’une entreprise d’enduction, ouvrant des portes vers des projets aux contraintes fortes : architecture, aéronautique, voire espace. Ce détour par l’ingénierie n’efface pas la soierie ; il renforce une culture de précision, utile jusque dans le plus petit foulard.
Ce chemin explique une chose : derrière un carré de soie « simple », il y a parfois une maison qui sait aussi travailler pour des environnements extrêmes. Et cette discipline se voit dans les finitions.
Le carré de soie imprimé à Lyon : ce que raconte la collaboration Zoë de Givenchy x Brochier
Ce carré s’inscrit dans une continuité : Brochier a déjà édité des créations liées aux jardins de Versailles, et l’univers du Potager du Roi prolonge naturellement ce dialogue. La nouveauté, ici, réside dans l’équilibre entre référence patrimoniale (un plan historique) et objet de vie (un twill roulotté, pensé pour être porté).
Pour garder une ligne claire, voici les points à retenir si vous aimez comprendre « comment c’est fait » avant d’acheter ou de transmettre. 👇
- 🧾 Motif : interprétation d’un plan historique du Potager du Roi à Versailles
- 🧵 Matière : twill de soie, recherché pour sa tenue et son toucher
- ✋ Finition : roulotté main, signature d’une confection soignée
- 🏭 Fabrication : réalisée à Lyon, dans les ateliers Brochier au pied de la Croix-Rousse
- 📦 Présentation : boîte assortie, pensée comme un écrin de conservation
- 🔢 Tirage : 100 exemplaires, format édité qui renforce l’idée de série courte
Ce carré fonctionne comme un pont : d’un côté, l’ordonnancement d’un jardin royal ; de l’autre, la souplesse d’une étoffe qui s’adapte à vos gestes. Et c’est souvent là que se cache la réussite d’un bel objet : il se laisse apprivoiser.
Repères pratiques : où voir la soie lyonnaise de Brochier entre Rhône et Saône
À Lyon, le patrimoine textile n’est pas figé derrière une vitrine : il se visite. Brochier ouvre plusieurs portes au public, avec des formats pensés pour comprendre les gestes et replacer la soie dans son paysage urbain. 🗝️
| 📍 Lieu | 👀 Ce qu’on y découvre | ✅ Bon à savoir |
|---|---|---|
| Atelier (pied de la Croix-Rousse) | 🖌️ Démonstrations des techniques d’impression sur soie (cadre / jet d’encre selon projets) | 👥 Visites de groupes sur rendez-vous, ambiance « conservatoire » des gestes |
| Musée Brochier (Hôtel-Dieu) | 🏛️ Lecture historique : archives, récits de collaborations, mémoire de la soierie lyonnaise | 📚 Idéal pour relier l’objet fini à son contexte culturel |
| Boutique (rue du Bœuf, Saint-Jean) | 🧣 Sélection de carrés, foulards et accessoires en soie | 🛍️ Pratique pour comparer tailles, motifs, tombé des tissus |
| Fonds patrimonial & archives (incluant Bianchini Férier) | 🗂️ Mémoire textile, avec l’héritage de Bianchini Férier intégré depuis 2002 | 🔍 Sert de base à des rééditions et à des projets contemporains |
Ce maillage de lieux raconte une même idée : la soie vit mieux quand elle circule — entre atelier, musée, boutique et mains des amateurs.
Ce que Google ne vous dira jamais
Pourquoi Zoë de Givenchy a choisi Lyon pour son carré ?
Parce que Lyon est la capitale historique de la soie depuis le XVe siècle. Brochier Soieries détient un savoir-faire d'impression rare. La maison travaille déjà avec des créateurs et des artistes depuis longtemps.
C'est quoi un ourlet roulotté à la main ?
Un ourlet très fin, roulé et cousu à la main, qui donne une finition délicate au carré. Ça demande un geste extrêmement précis et une patience d'atelier.
Est-ce que le carré est en édition limitée ?
Il est tiré à 100 exemplaires, avec une boîte assortie. Un tirage limité qui en fait une pièce de collection.
Quelle différence entre l'impression au cadre et le jet d'encre ?
L'impression au cadre est traditionnelle et très précise, idéale pour les traits fins. Le jet d'encre est plus souple pour les rendus contemporains. Le motif décide du choix.
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Thaïs a grandi dans une maison à ossature bois dans les Vosges. Après des études en journalisme, elle s’est spécialisée dans l’habitat naturel et la rénovation. Elle retape elle-même sa maison ancienne depuis trois ans.